Le travail relationnel à l’épreuve de la diplomatie

Je voudrais parler des bricoleurs, des expérimentateurs qui, au front de l’action, cherchent depuis plusieurs années à repenser ou à mettre en place des dispositifs d’accompagnement de personnes en grande difficulté sociale, des dispositifs de petite taille, très critiques vis-à-vis des instituions tout contre lesquelles ils se sont constitués. Dispositifs d’action sociale aux frontières de l’humanitaire et de la santé mentale (…), ces dispositifs sont innovants et donnent à voir, à repérer la morphologie des actions, des transformations de l’aide (…), transformations que la métaphore du diplomate permettait peut être de décrire. Par exemple, le diplomate est un pragmatique. Il « va vers » l’étranger et tente de négocier avec lui, bien souvent sur le site même où le problème (le conflit) se joue et est à traiter. Souvent accusé de manquer de principes, le diplomate procède au cas par cas et s’attache à la construction de règlements chaque fois singuliers, ayant partie liée avec l’invention de jurisprudences. Enfin, son activité suppose de savoir prendre en compte différents points de vue, de multiplier et d’associer si nécessaire divers interlocuteurs à la définition du problème et à la manière adéquate de l’accompagner vers sa résolution. En un mot, le diplomate n’est pas un instructeur, n’est pas un pédagogue au sens large, et je crois que c’est cette tension entre diplomatie et pédagogie qui m’a intéressé au début. …

 

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