Vive les fesses des femmes.

 

Déléguée à la tutelle aux prestations sociales enfants depuis 1985, je commence une mesure, à l’automne de l’année suivante, dans une famille de Saint-Rambert en Bugey. Saint-Rambert est situé à l’entrée d’une vallée «sans brouillard » selon le panneau de l’entrée du village ; c’est surtout une vallée sans travail. Les usines de la Schappe sont fermées et les cités de logements ouvriers dites « cités Pierrefeu » sont louées aujourd’hui bon marché aux petites gens de la région : retraités, familles immigrées, quelques familles ouvrières et paysannes qui n’ont pas encore fui. Parking défoncé. Dans l’entrée-galerie, contre la montagne, une profusion de géraniums magnifiques ; Madame N. m’ouvre la porte d’un taudis de rez-de-chaussée, l’un de la dizaine que j’ai connue. Les murs sont totalement noirs d’humidité et de moisissure, un escargot progresse sur le mur de la pièce principale. Des monceaux de cartons, de linge, bloquent presque le couloir : on passe de côté. La cuisine salle à manger est entièrement bondée, encombrée, sur la table il y a les restes de plusieurs repas, vaisselle et os de côtelettes… Je me souviens très bien ; un bébé habillé de blanc, immaculé, est calé dans le canapé défoncé. Oui, je me souviens très bien.

 

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